
Sur la période de janvier à juillet 2025, le Sahel central continue de subir une forte activité des groupes jihadistes et de leurs affiliés : le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) et l’Etat Islamique (IS).
Au Mali, le JNIM poursuit son expansion vers le sud, dans la région de Sikasso, ainsi qu’à l’ouest, en direction de la frontière sénégalaise. Le groupe y a notamment mené d’importantes attaques complexes, et surtout coordonnées, au début du mois de juillet. La sophistication de ce mode opératoire illustre une nouvelle dynamique impulsée par le commandement du groupe, qui cherche à intensifier ses actions contre les forces de sécurité. Le JNIM fait également évoluer sa stratégie en ciblant délibérément des secteurs économiques clés du pays, telles que les industries sucrières, et minières, afin de saper l’économie nationale. Cette logique de guerre économique est assumée, et revendiquée, par le groupe.
Pour sa part, l’Etat Islamique peine face à la résistance du JNIM, mais également face aux assauts réguliers des forces de sécurité et de leurs supplétifs russes. Initialement enclin à s’étendre vers le centre du Mali, le groupe semble désormais porter son attention à l’est, en direction du Niger, et du Nigeria.
Au Burkina Faso, le JNIM couvre une importante partie du pays, et poursuit sa progression vers les états côtiers, au Togo, et notamment au Bénin. Bien que sous pression, la Côte d’Ivoire et le Ghana semblent encore épargnés par les dynamiques violentes présentes à leurs portes. Ces zones arrières ne sont toutefois pas entièrement exemptes de la présence, et des réseaux, d’éléments jihadistes.
L’Etat Islamique, lui, est confiné dans la région du Sahel (‘trois frontières’), où il accroche régulièrement les combattants du JNIM, ainsi que les forces de sécurité.
Au Niger, l’Etat Islamique poursuit sa stratégie d’hyper-violence afin d’asseoir sa domination sur les populations locales, tout en poursuivant son expansion vers l’est, dans les régions de Tahoua et de Dosso, où la pression du JNIM et des forces gouvernementales est moindre. Le groupe intensifie son emprise le long de la frontière nord-ouest du Nigeria, cultivant une présence forte dans ce qui n’était historiquement qu’un couloir logistique. Cette zone de repli, et de soutien, se transforme donc progressivement en lieu d’activité propre. Cela pourrait à terme créer un lien territorial durable entre le nord-ouest du Nigeria, et le commandement local de l’Etat Islamique dans la zone des trois frontières.
Le JNIM se cantonne aux zones frontalières du Burkina Faso, et du Bénin, où il consolide sa présence. Les tensions avec l’Etat Islamique sont marquées dans la région de Dosso, à la frontière du Bénin, où les deux groupes tentent d’occuper les mêmes espaces ; sans pour autant atteindre (encore ?) l’intensité des affrontements observés au Mali, ou au Burkina Faso.
Source : Jules Duhamel, à l’aide des analyses et des données d’ACLED.
Discover more from Jules Duhamel
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
